Les femmes dans l’industrie des produits aquatiques

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« Permettre aux femmes d’accéder aux responsabilités dans l’industrie des produits aquatiques »

Retour sur le débat lors du GLOBAL SEAFOOD EXPO de Bruxelles 

Lorsqu’elles ont échangé sur l’organisation de cet événement, Julie Ferguson-Ceniti, déléguée commerciale de la Mission canadienne auprès de l’UE et Marie  Christine Monfort, cofondatrice et présidente de l’Organisation internationale des femmes dans l’industrie des produits de la mer (WSI) rêvaient d’une cinquantaine de participant.e.s. Au total, 170 personnes se sont inscrites à cette première rencontre.

« En fin de compte, nous pouvons parler d’égalité entre les sexes, c’est une chose intelligente à faire, mais dans l’industrie des produits aquatiques nous n’y sommes pas. Alors concrètement, que pouvons-nous faire à ce sujet ? a introduit Daniel J. Costello, ambassadeur, Mission du Canada auprès de l’Union européenne.

Laurel Broten, présidente et directrice générale de Nova Scotia Business Inc.  « Il y a actuellement très peu de femmes dans des rôles de leadership au sein des grandes entreprises de pêche, de transformation ou des conseils d’administration. Les hommes occupent toujours 99 % des postes de direction générale et environ 90 % des postes au sein des conseils d’administration et des directions des organismes professionnels. La bonne nouvelle, c’est que quelques leaders commencent à prendre des mesures résolues pour accompagner les changements. »

Laura Halfyard, directrice générale de Sunrise Fish Farms, a ajouté : « Les principaux obstacles qui empêchent les femmes d’accéder à des postes de direction, comme l’a révélé un récent sondage, incluent l’absence d’équilibre vie professionnelle et vie privé très largement à la charge des femmes, les comportements old boys des dirigeants et le manque de rôles modèles. » Laura a poursuivi en donnant les résultats d’un récent sondage : 41 % des femmes interrogées disent rencontrer des obstacles à l’avancement de leur carrière; seuls 12 % des hommes partagent ce diagnostic. « Ce sont clairement les hommes qui ont besoin d’entendre le message. » L’urgence d’un diagnostic partagé entre les hommes et les femmes était l’une des principales conclusions de l’enquête du WSI intitulée « Egalité professionnelle entre les hommes et les femmes dans l’industrie des produits de la mer: où en sommes nous:  Résultats d’une enquête mondiale, Juillet 2018« .

« Nous voulons être performants et nous ne le serons pas si nous n’abordons pas les questions de diversité des sexes au sein de notre entreprise. »

Ian D. Smith, PDG de Clearwater Seafoods Limited, partenaire de WSI, l’a bien compris. « Nous voulons être performants et nous ne le serons pas si nous n’abordons pas les questions de diversité, en particulier la diversité des sexes au sein de notre entreprise. La diversité consolide la vision de notre projet d’entreprise, renforce nos capacités, stimule l’innovation et renforce la réputation de notre marque. Nous avons une politique claire appuyée sur des paramètres chiffrables. Nous mesurons comment nous recrutons, comment nous formons, comment nous planifions la relève, comment nous compensons financièrement nos employé.e.s. Et franchement, pour que ce changement se produise il faut qu’il soit porté par la direction de l’entreprise. Depuis mon arrivée chez Clearwater Seafood et Mc Duff Shellfish, nous avons enregistré une augmentation du nombre de femmes occupant divers postes dans l’entreprise. Partant de zéro, aujourd’hui deux des neuf membres de notre conseil d’administration et trois des huit membres de notre équipe de direction sont des femmes. Mais ça ne suffit pas, nous continuons de travailler à l’élimination des obstacles systémiques à l’emploi et à l’avancement des femmes dans les postes ou les métiers où elles sont sous-représentées ».

De son côté, Tesa Diaz-Faes Santiago, directrice des communications du groupe Nueva Pescanova, a présenté les efforts chez Pescanova où un groupe Women In Seafood a récemment été créé pour promouvoir les femmes aux postes de responsabilité.

Christina Burridge, directrice générale de la British Columbia Seafood Alliance, a insisté sur l’importance du mentorat. « Je ne pense pas que j’aurais survécu dans l’industrie si je n’avais pas rencontré une femme importante dans cette industrie (Eve Purdew, principale importatrice européenne de saumon sauvage dans les années 80) qui a accepté de m’ouvrir son carnet d’adresses ».

L’attractivité des métiers

Mary Larkin, présidente de Diversified Communications, société organisatrice des GLOBAL SEAFOOD et BOSTON SEAFOOD shows a poursuivi en partageant sa propre expérience « Ma tête a encore des bleus à avoir heurté le plafond de verre ». Mary a demandé à Marie Christine si elle avait perçu un changement dans la façon dont le mouvement pour l’équité des femmes a été accueilli depuis la création de WSI. « Quelques rares leaders ont montré leur volonté de transformer l’leur entreprise en un environnement progressiste et inclusif mais il est difficile de faire participer les hommes à cette discussion tant ils baignent dans une culture très masculine, peu remise en cause, et tant ils ignorent les enjeux réels. L’attractivité des métiers qui se pose dans certains pays est pourtant l’un d’entre eux».

Après le Canada, quel autre pays soutiendra la seconde édition de cette rencontre ?

« Je suis optimiste quand je vois le total succès de cette rencontre mais je ne peux pas dire que sur le terrain le vent ait vraiment tourné. WSI y travaille et espère qu’après le Canada un autre pays soutiendra une seconde édition de cette rencontre au GLOBAL SEAFOOD EXPO 2020 à Bruxelles. »